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Carte de restaurant : les mentions obligatoires en 2026

Une carte de restaurant n'est pas qu'un document de vente : c'est aussi un support d'information encadré par plusieurs textes, et les services de contrôle de la DGCCRF la regardent de près. La bonne nouvelle, c'est que les règles tiennent en six points, toujours les mêmes. Voici chacun d'eux, avec le texte qui l'impose et la façon la plus simple de s'y conformer.

1. Les prix : taxes et service compris

L'arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix fixe la règle de base : les prix de la carte s'entendent toutes taxes et service compris. La carte porte la mention « prix service compris », suivie du taux de service entre parenthèses. Le client doit pouvoir lire le prix qu'il paiera, sans calcul à faire.

Pour les menus, le même arrêté impose de préciser si la boisson est comprise ou non : « boisson comprise » ou « boisson non comprise ». Si elle est comprise, indiquez sa nature et sa quantité, par exemple un quart de vin ou une eau minérale.

2. L'affichage à l'extérieur

C'est la règle la plus souvent oubliée. Pendant toute la durée du service, et au moins à partir de 11 h 30 pour le déjeuner et de 18 h pour le dîner, les menus ou la carte du jour doivent être affichés de façon visible et lisible depuis l'extérieur. À l'intérieur, le client doit disposer des mêmes cartes et menus que ceux affichés dehors.

Les boissons ont aussi leur règle : l'affichage doit comporter le prix d'au moins cinq vins, ou de tous vos vins si vous en proposez moins de cinq. Un établissement qui ne sert pas de vin affiche le prix d'au moins cinq boissons parmi les plus courantes.

3. Les allergènes

Le règlement européen INCO n° 1169/2011 dresse la liste des quatorze allergènes à signaler : céréales contenant du gluten, crustacés, œufs, poissons, arachides, soja, lait, fruits à coque, céleri, moutarde, graines de sésame, anhydride sulfureux et sulfites, lupin, mollusques.

En France, le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 précise la forme : l'information doit être donnée par écrit, de façon lisible et visible, dans les lieux où le public est admis. Deux solutions sont admises : l'indiquer à côté de chaque plat, ou dire clairement où la consulter librement, par exemple un classeur ou un tableau des allergènes disponible en salle. Une information seulement orale ne suffit pas.

4. L'origine des viandes

Depuis 2002, l'origine de la viande bovine doit être indiquée au restaurant. L'obligation a été étendue à titre expérimental au porc, au mouton, à l'agneau et à la volaille en 2022, puis rendue définitive par un décret du 13 février 2025. Elle concerne les viandes achetées crues. Depuis mars 2024, un autre décret, le n° 2024-171, l'étend aux viandes utilisées comme ingrédients dans les préparations et les produits à base de viande que vous achetez tout prêts : vous indiquez alors l'origine telle que votre fournisseur vous la communique.

Les mentions sont fixées par les textes :

  • « Origine : France », ou le nom d'un autre pays, quand l'animal est né, a été élevé et a été abattu dans ce même pays ;
  • pour le bœuf, sinon : « Né et élevé : » suivi du ou des pays, puis « et abattu : » suivi du pays d'abattage ;
  • pour le porc, l'agneau, le mouton et la volaille, sinon : « Élevé : » suivi du ou des pays, puis « et abattu : » suivi du pays d'abattage.

L'information doit être lisible et visible : sur la carte, sur l'ardoise, ou sur un affichage en salle.

5. Le fait maison

La mention « fait maison » a été créée par la loi du 17 mars 2014 relative à la consommation, dite loi Hamon, et précisée par le décret n° 2015-505 du 6 mai 2015. Un plat fait maison est élaboré sur place à partir de produits bruts. Quelques produits transformés sont tolérés, comme le pain, les pâtes sèches, les fromages ou le chocolat de couverture.

Si un plat répond à cette définition, vous pouvez le signaler sur la carte, par le logo officiel ou par la mention écrite : la démarche est volontaire et déclarative. Vous restez libre de servir aussi des plats qui ne le sont pas. En revanche, la mention ne peut jamais figurer à côté d'un plat qui ne remplit pas les conditions : c'est une pratique commerciale trompeuse.

6. Le français

La loi Toubon du 4 août 1994 impose le français dans l'offre et la présentation d'un service, carte comprise. Vous pouvez ajouter autant de traductions que vous le souhaitez, mais elles complètent la version française sans la remplacer, et celle-ci doit rester au moins aussi lisible. Pour traduire sans faux pas, voyez notre guide pour traduire la carte de son restaurant en anglais.

La check-list avant le prochain service

  • Les prix sont affichés taxes et service compris, avec la mention « prix service compris » et son taux.
  • Chaque menu précise si la boisson est comprise, et laquelle.
  • La carte ou le menu du jour est affiché dehors pendant le service, avec au moins cinq prix de vins ou de boissons.
  • L'information sur les quatorze allergènes est écrite, et le client sait où la trouver.
  • L'origine de chaque viande est indiquée, y compris celle des préparations achetées toutes prêtes.
  • La mention « fait maison » ne figure qu'à côté des plats qui y ont droit.
  • La carte existe en français, les traductions viennent en plus.

Et votre carte en ligne ?

Ces règles visent l'établissement et ce que le client voit sur place : une carte en ligne ne remplace ni l'affichage extérieur, ni le tableau des allergènes en salle. Mais reprendre les mêmes informations en ligne aide le client à choisir avant de venir, et vous évite de répéter dix fois les mêmes réponses au téléphone.

Avec Resatable, votre carte se modifie depuis le téléphone et se met à jour tout de suite sur votre page ou votre site. Chaque plat peut porter les pastilles végétarien, vegan et sans gluten, et sa description accueille l'origine de la viande ou la mention fait maison. Soyons clairs sur la limite : l'outil ne gère pas la liste des quatorze allergènes plat par plat, votre tableau d'allergènes reste donc de rigueur en salle. La carte peut aussi être proposée en anglais et en allemand, sans supplément.

Questions fréquentes

Faut-il afficher la carte à l'extérieur du restaurant ?
Oui. L'arrêté du 27 mars 1987 impose d'afficher de façon visible et lisible depuis l'extérieur les menus ou la carte du jour pendant toute la durée du service, et au moins à partir de 11 h 30 pour le déjeuner et de 18 h pour le dîner, avec le prix d'au moins cinq vins ou, à défaut, de cinq boissons courantes.
La liste des allergènes doit-elle figurer sur la carte ?
Pas forcément sur la carte elle-même. L'information doit être écrite, lisible et visible dans les lieux où le public est admis : soit à côté de chaque plat, soit en indiquant clairement où la consulter, par exemple un classeur ou un tableau des allergènes disponible en salle. Une information seulement orale ne suffit pas.
Faut-il indiquer l'origine du poulet ou du porc ?
Oui. L'obligation, ancienne pour le bœuf, s'applique aussi au porc, au mouton, à l'agneau et à la volaille achetés crus, de façon définitive depuis un décret du 13 février 2025. Depuis mars 2024, elle vaut également pour les viandes utilisées comme ingrédients dans les préparations et produits à base de viande achetés tout prêts, avec l'origine telle que le fournisseur la communique.
Le logo fait maison est-il obligatoire ?
Le logo n'est pas imposé : la mention écrite « fait maison » convient aussi. Ce qui est encadré, c'est son usage : il est réservé aux plats élaborés sur place à partir de produits bruts, et l'apposer sur un plat qui ne remplit pas ces conditions est une pratique commerciale trompeuse.
Peut-on présenter une carte uniquement en anglais ?
Non. La loi Toubon impose le français dans la présentation d'un service, carte comprise. Les traductions sont bienvenues, mais elles s'ajoutent à la version française, qui doit rester au moins aussi lisible.

Textes consultés le 24 septembre 2026 sur Légifrance et sur les sites du ministère de l'Économie et du ministère de l'Agriculture : arrêté du 27 mars 1987 relatif à l'affichage des prix dans les établissements servant des repas, décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 sur les allergènes, décrets sur l'origine des viandes en restauration (n° 2002-1465, n° 2022-65, n° 2024-171 et n° 2025-141), loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 et décret n° 2015-505 du 6 mai 2015 sur le fait maison, loi n° 94-665 du 4 août 1994. Cet article est une synthèse d'information, pas un conseil juridique : en cas de doute, la DGCCRF et la DDPP de votre département sont les interlocuteurs de référence. Resatable édite une solution de carte et de réservation en ligne pour restaurants.

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